Osculum Infame interview Versus Magazine

Par Cristina Sá

Salut ! Osculum Infame a commencé en 1993. C’est beaucoup d’années. Quels ont été les moments les plus importants de ce long parcours ?
Avec le recul, faire partie d’un des premiers groupes de Black Métal français est un des moments les plus importants de l’histoire du groupe, c’est ce qui a forgé les fondations de notre nom. Ensuite les moments qui restent gravés dans ma mémoire seraient la signature du groupe sur un label étranger, nous sommes les premiers du genre à avoir été exporté depuis la France. Il y a aussi notre participation à la première édition de Under The Black Sun en 1997 je crois, ce qui devait être un des premiers festival Black Metal de l’histoire. Notre séparation durant l’enregistrement en 1999 de ce qui sera en partie plus tard, reénregistré, l’album « The Axis Of Blood ». M’amenant à créer Arkhon Infaustus. Puis en 2008 sur un coup de tête avec mon batteur Malkira, nous nous sommes enfermés dans son studio pour composer et enregistrer en un week end le EP « Quwm ». Le reste n’est pas encore assez vieux pour être des moments importants.

«Axis of Blood» est votre deuxième album. À quoi se doivent les longues périodes qui séparent les lancements du groupe ?
Certaines tensions latentes au sein du groupe on provoquées naturellement un arrêt des activités en 1999. C’était dû essentiellement à l’image politisée qu’on nous collait. Je n’ai jamais fait de politique dans ma musique ni ailleurs, ça ne m’intéresse absolument pas. Je ne pouvais pas continuer le groupe sans pouvoir véhiculer le message que je voulais réellement. C’est pourquoi j’ai créé Arkhon Infaustus afin de pouvoir retransmettre les idées que je voulais. Le chanteur et le bassiste aillant quitté le groupe mon batteur et moi nous avons toujours voulu réformer Osculum Infame mais nous ne voulions pas que cette image bassement politisée nous colle alors nous avons attendu jusqu’en 2008. Ça nous manquait depuis longtemps et il était hors de question pour moi de changer le nom du groupe, c’était MON histoire.

Comment décrivez-vous le son caractéristique de votre groupe ? Est-ce que ça a beaucoup changé entre le premier album (de 1997) et le deuxième (paru en 2015) ?
Je ne peux pas vraiment parler de son caractéristique, jusqu’à Dor-Nu-Fauglith j’enregistrais avec les moyens du bord. Des petits amplis pourris et un seul micro pourri qui me servait pour tout. Depuis je me suis passionné pour les sons, je travaille beaucoup dessus. Ce qui pourrait sembler être un simple son est en fait souvent 2 ou 3 amplis différents et autant de pédales de distorsion très spécifiques pour essayer d’atteindre ce que je recherche. Mais mes choix changent suivant le moment, nous enregistrons actuellement 4 nouveaux titres pour un mini album et je compte le faire dans un esprit plus cru et déguelasse, un peu à la manière de « QUWM » mais en plus maîtrisé.

Quels sont les grands thèmes des deux albums et comment reflètent-ils le mûrissement du groupe (en tant que personnes et artistes) ?
Les thèmes sont largement différents à ces deux époques. Lorsque j’ai créé Osculum Infame j’étais mineur, j’habitais chez mes parents et je pensais faire partie d’une certaine élite alors que je ne connaissais rien à la vie. Le message est donc très différent quand tu penses que le futur est devant toi et que tu vas changer les choses. Quand tu as vécu et que tu te rends compte que le monde, la vie, la race humaine en général sont encore plus immondes et ingérables que tu ne pouvais l’imaginer tu commences une chute sans fin. Et c’est mon cas. Aujourd’hui je ne peux parler dans mes textes que de perdition, d’auto destruction, d’apocalypse. Et ça se ressent aussi dans ma manière de composer. Je ne crois plus en rien, je suis mort à l’intérieur. Ma vie ne tient qu’à un fil.

Y-a-t-il des groupes (français ou pas) qui vous ont influencés depuis le début ?
Non, absolument aucun en France. Ensuite LE groupe qui m’a fait changer, qui m’a fait assumer ce qu’il y avait en moi, qui a été une révélation pour tout ce que j’ai fait ensuite est Deicide avec l’album « Deicide ». J’avais découvert ce groupe dans une petite boutique Metal a Paris en 1990, le Cd n’était pas encore disponible et je l’ai eu en tape. Ça a été un tournant dans ma vie. Du satanisme musical à l’état pur. À partir de là je savais ce que j’étais et ce que je voulais faire et pour qui je voulais le faire. ensuite j’ai réalisé un de mes rêves, j’ai fait une tournée Européenne avec Deicide, vivant 24h/24h avec Glen Benton, et en fait c’est un gros sale con de redneck inculte et qui ne s’intéresse à rien. Il est lâche et à une énorme grande gueule. J’ai failli lui éclater la tête à Glasgow mais son garde du corps l’a protégé. Plutôt décevant donc même si il a réussit quelque chose qui est gravé en moi pour toujours.

Qui a fait la photo de la pochette pour «Axis of Blood» ? En quoi ça illustre l’esprit de l’album ?
La couverture « The art of Hanging » à été réalisée par Sylvain Doerler qui travaillait pour et chez Kaosthetik. Cette photo me fascinait déjà 10 ans avant que je demande la permission de la raccorder à Osculum Infame. J’ai toujours su qu’elle serait la prochaine couverture d’un album du groupe. Sur l’originale il y a 3 ombres représentant les 3 leaders du label Kaosthetik, il nous a fait une version sans les ombres pour The Axis Of Blood. Cette photo parle d’elle même: La mort, le froid, le silence, le néant.

Est-ce que vous faites de concerts ? Quand et où auront-ils lieu ?
Nous avons fait peu de concert, ce n’est pas le but. Et Osculum Infame a toujours cette image trop sulfureuse pour que des promoteurs osent nous proposer des concerts, surtout avec le mouvement grandissant fasciste que sont les « Antifas ». Ce sont des gens trop stupides et qui mettent tout le monde dans le même panier. Au même titre que les terroristes islamistes les Antifas sont des fanatiques qui se cachent derrière un symbole positif afin de répandre une sorte de chaos inutile et lâche. Si vous ne pensez pas comme eux vous devez être détruit au nom de l’amour fraternel. S’ils apprennent que la cousine de votre boulanger vote pour l’extrême droite ils vous mettrons sur leur liste noire comme « activiste Nazi » et ferons tout pour vous empêchez de jouer. Ça n’a absolument aucun sens. Donc pour l’instant nous n’avons pas prévu de concert, juste quelques idées auxquelles nous allons réfléchir.

Quel est le plan d’Osculum Infame et de Solstice Promotion pour promouvoir «Axis of Blood» ?
Nous n’avons aucun plan. Solstice se contente d’essayer de faire son travail de promotion et moi de leur mettre des bâtons dans les roues car je ne peux pas dire que je suis très à l’aise avec les interviews. Parler de moi me semble difficile et est un exercice compliqué. Je suis quelqu’un d’extrêmement replié sur lui même.

Est-ce que vous connaissez des groupes portugais ? Avez-vous déjà été chez nous ?
J’ai joué au Portugal une ou deux fois mais c’était avec Arkhon Infaustus. Et j’ai déjà passé un peu de temps là bas en vacances lorsque je sortais avec une fille originaire de Porto.
En groupe je n’ai vraiment rencontré que Corpus Christii, Decayed… Sinon je connaissais Filii Nigrantium Infernalium, les vieux enregistrement de Moonspell… Je suis désolé je ne suis pas trop expert en Metal portugais…

Cet album a été lancé pour la première fois en 2015. Avez-vous déjà du matériel pour un nouvel album 2 ans après ?
J’ai dû enregistrer depuis ces 20 dernières années assez de riffs et de titres pour 3 prochains albums d’Osculum Infame. Mais j’ai toujours un besoin inexorable de créer lorsque je travaille sur un projet. Je mélange de vielles idées avec celles qui m’arrivent sur le moment. Le mini album que je prépare est un mélange d’idées d’il y a 10 ans et de choses très récentes. Il n’y a pas encore de titre définitif pour ce mini album. Ça sera certainement annoncé dans l’année par Battles’krs.

Voulez-vous laisser un dernier message à nos lecteurs ?
Merci pour l’interview. AMSG.
Deviant Von Blakk